Siné Hebdo, avec Didier Porte, Christophe Alévèque, Frédéric Bonnaud, Isabelle Alonso, ça sentait effectivement dès le début un peu le caca mou.Je suis désolé mais il n'y a que Nabe qui le dise clairement, dans Sauver Siné ! : cet hebdo est bel et bien une merde irrécupérable, et il n'est pas compliqué de saisir pourquoi. C'est dommage....
Je voulais l'inviter à dîner depuis quelques jours, mais elle était fuyante, tout en m'assurant qu'elle tenait beaucoup à me parler... J'y croyais de moins en moins, je me disais que cette soirée serait la dernière chance, pour elle, pour moi. Que si elle fuyait encore une fois, je la quitterais. Je savais qu'il y avait neuf chances sur dix pour qu'elle ait une raison de ne pas « pouvoir » sortir avec moi ce soir. Pouvoir et vouloir, l'éternelle dialectique... La raison, c'était qu'elle devait dîner avec son père. Elle habitait chez ses parents. C'était insoluble, d'ailleurs. Un tas de ses problèmes venait de là, apparemment. Mais elle ne voulait pas les quitter, ses parents, très vieux, qu'elle avait peur de perdre trop tôt...J'avais prévu de l'emmener à la Madonnina,...
On fait dans la déclaration d'amour rock 'n' roll, fuckin' desperate en fait : « desperate ne veut pas dire désespéré », je ne sais plus où j'ai récemment lu ceci, mais c'est vrai, d'une vérité quasi cruelle, desperate contient l'idée du « prêt à tout » (pour marquer un but, faire fortune, rendre par un philtre quelconque les mots bleus ? une fille amoureuse, etc.). Suis-je prêt à tout ? Certainement pas... Et pourtant me voilà prêt à hurler dans les oreilles d'une attachante fashionista (ne pleurez pas, je n'ai pas changé) :Ça M'ARRACHE LA GUEULE de te l'avouer mais je tiens à toi.On conviendra que ça reste soft, comme déclaration. Et peut-être diablement useless. Car même le soft fait fuir parfois. Mais au moins sais-je que le soft, écrit comme cela, ne...
Ma première décharge de Taser, ce sera la nuit, sous une pluie fine. Dans dix ou douze ans, du côté de l'avenue Mozart où je me serai incrusté dans un rallye, pas rasé, l'alcool véhément. J'y aurai insulté une ou deux championnes de la droite depuis longtemps décomplexée. Deux belles paires de jambes, deux jolis culs moulés dans des robes noires, deux cerveaux en vacances au moins depuis les années de collège. Puis j'aurai quitté la soirée, avec un autre ou deux de mes copains de virée. Un policier (le mot « flic » aura été interdit par le ministre de la Sécurité intérieure et de la Probité morale, Philippe Val) m'aura provoqué, j'aurai marché, foncé dans le piège. Dzzzzz. ESOD MUMIXAM, comme disent les zorglhommes dans Spirou. Une bonne décharge de routine,...
En vacances au Pays basque depuis samedi. Tiens, il se remet à pleuvoir. J'ai quand même bronzé pendant deux jours. Oui, on s'en fout.Quand j'étais jeune, plus mince et un peu plus inculte, je lisais le Nouvel Obs de ma mère toutes les semaines, elle y était abonnée. Il y avait les « lundis de Delfeil de Ton », la seule page que je lisais en entier (et en premier), avec toujours autant de plaisir. Je ne savais pas encore, à l'époque, que DDT avait fait partie de la bande séminale des Hara-Kiri et Charlie Hebdo.Aujourd'hui, je pensais DDT loin du Nouvel Obs. Il y écrit encore ! C'est étonnant. Et il y prend, avec des arguments imparables (car il est un témoin privilégié des errances du petit patron Val et du gros réac Cabu lors de la relance-vol du titre Charlie Hebdo en...
Je lis, par la grâce de Marc Villemain, le Journal de Manchette (1966-1974). C'est un vrai journal, souvent fastidieux, parfois brillant, dont l'originalité réside dans les nombreux collages de coupures de presse, notamment du Monde. Manchette, en homme de goût, déteste le Monde. Moi aussi, et avec une telle force, m'effrayant moi-même (après tout, une très chère amie n'a-t-elle pas rompu avec moi sous prétexte que j'aurais en moi « trop de colère », apparente sur ce misérable journal en ligne ?) que me vient la réflexion suivante :Détester aussi puissamment un organe de presse aussi unanimement considéré, cela paraît suspect aux yeux des tièdes. Cela paraît irrationnel, peut-être même symptomatique d'une furieuse folie. Mais le jet brutal assouvissant la haine,...
Ouais. Bon. On est le 29 mai, si j'en crois l'horloge crypto-atomique de mon ordinateur. Le rythme bimensuel semble s'imposer, depuis quelque temps. Je n'ai strictement rien à raconter sur ce blog, que je renie (forcément). Je suis devenu un grand romantique (ce soir, je viens de tomber amoureux de l'incroyable soeur 21 ans d'un de mes meilleurs amis, qui l'avait cachée, jusque là). Normalement, il est interdit d'établir la moindre continuité entre une parenthèse fermée et le fil normal du discours, mais je m'en moque : ces 21 ans, donc, sont le lien constitutif de ladite continuité et si É. lit ces lignes, et elle le fait de temps en temps elle le faisait tout au moins , qu'elle sache que normalement, je dis bien normalement, c'est-à-dire si tout allait pour le mieux...
Ouais. Bon. On est le 29 mai, si j'en crois l'horloge crypto-atomique de mon ordinateur. Le rythme bimensuel semble s'imposer, depuis quelque temps. Je n'ai strictement rien à raconter sur ce blog, que je renie (forcément). Je suis devenu un grand romantique (ce soir, je viens de tomber amoureux de l'incroyable s ur 21 ans d'un de mes meilleurs amis, qui l'avait cachée, jusque là). Normalement, il est interdit d'établir la moindre continuité entre une parenthèse fermée et le fil normal du discours, mais je m'en moque : ces 21 ans, donc, sont le lien constitutif de ladite continuité et si É. lit ces lignes, et elle le fait de temps en temps elle le faisait tout au moins , qu'elle sache que normalement, je dis bien normalement, c'est-à-dire si tout allait pour le mieux et...
Cette fille parle un jour de l'impudeur de pleurer en public et quelques jours plus tard elle se retrouve dans la situation d'en effet devoir se cacher pour pleurer. Pour ne pas nous gêner, ou ne pas se gêner elle-même ? Peu importe, elle joue le jeu social, et se cache, comme les piafs pour crever.Dans ses yeux que j'observe deux ou trois fois à la dérobée : le vide, l'absence, la désolation. Je me rappelle que j'ai eu souvent ces yeux-là dans une autre vie, des yeux incapables de focaliser, le ressort optique explosé par la douleur. Ou, plus prosaïquement : le regard dans le vide.Comme je m'en suis sorti, que mon ressort foutu a été changé (garantie pièces et main d' uvre pour l'éternité, il est), je témoigne de ma compassion de survivant, comme on ne le fait jamais ;...
Ce site plus dynamique tu meurs a été mis à jour le 30 avril...
On revient un instant à Charlie Hebdo qui publiait vers 1993 sous la plume, je crois, de Xavier Pasquini, une série d'articles sur le Tibet des moines. J'y pense depuis quelques jours qu'on entend Mélenchon sur le sujet ; le son de cloche est le même. Inutile de dire qu'il y a quinze ans c'était déjà le slogan consensuel Free Tibet qui l'emportait dans les (bonnes) consciences. Aujourd'hui Mélenchon, avec beaucoup d'arguments semble-t-il, reprend ce flambeau qu'on n'ose nommer Vérité. Au moins Objectivité ?Et puis Ménard, le monomaniaque de RSF, ne me revient pas. Ça, j'en conviens, c'est éminemment subjectif. Quoique : le type est une mitraillette à sophismes, et son indignation est beaucoup trop spectaculaire pour être honnête.Je me demande ce qui se serait passé si...
Donc je passe la parole à un copain routier, bien véner, qui roule sur un camion Daf (c'est de la bonne ; de la hollandaise) :« Français, vous frapperez les premiers coups : votre éducation nationale fera le reste ; mais travaillez promptement à cette besogne ; qu'elle devienne un de vos soins les plus importants ; qu'elle ait surtout pour base cette morale essentielle, si négligée dans l'éducation religieuse. Remplacez les sottises déifiques, dont vous fatiguiez les jeunes organes de vos enfants, par d'excellents principes sociaux ; qu'au lieu d'apprendre à réciter de futiles prières qu'ils se feront gloire d'oublier dès qu'ils auront seize ans, ils soient instruits de leurs devoirs dans la société ; apprenez-leur à chérir des vertus dont vous leur parliez à peine...
Je lirais bien le bouquin de ce « flic dans le neuf trois » interrogé ce matin par la bande à Bern ce mondain inculte de plus en plus insupportable, ponctuant systématiquement les interventions de ses rares chroniqueurs intelligents (Didier Porte, Daniel Morin) de cris d'orfraie bienséants, genre :Porte : Les nègres sentent fort.Bern : Oh non, vous ne pouvez pas dire ça !J'imagine Porte, intérieurement : « Putain, qu'il est lourd... »Bref, je me disais que je lirais volontiers le témoignage de ce flic pas franchement gauchiste mais homme de terrain, au moins ; forcément plus intéressant que de se fader les léchages de pompe promotionnels prodigués par Bern à toujours les mêmes acteurs (pardon, comédiens) et chanteurs de mes deux.~♦~J'ai vu Bienvenue chez les...
Cécile est cette fille qui vient d'exposer des toiles dans le bar que j'ai monté avec l'argent des fonds de pension américains. Elle y est venue pour la première fois il y a plus d'un an, ses copains gothiques l'y ayant attirée ; copains gothiques de la bande dans laquelle gravitait Françoise, qui les avait attirés eux-mêmes. Grande gigue dégingandée, Françoise. Quand je travaillais encore rue du Sentier, je discutais souvent avec elle par le biais des premières versions de Yahoo! Messenger dont la toute première, qui s'appelait encore Yahoo! Pager, m'avait permis d'emballer ma voisine de bureau sans alerter les collègues : comme dans du beurre.Françoise vivait alors à Bangui dans un appartement doté d'une grande terrasse, d'une sorte de penthouse même, sur lequel elle...
On parlait comme ça du pouvoir, ma lubie : le pouvoir de l'homme comme indicateur presque absolu de son succès en séduction. Le pouvoir, faute de trouver un autre mot ; mais le pouvoir sous toutes ses formes. Appelez ça le statut social, le taux d'occupation, le business rate, c'est toujours une forme ou une autre de pouvoir, de capacité à brasser (des idées, du fric, du vent, tout à la fois), qui semble séduire, attirer, intéresser, fasciner même dans les grands jours. Dans n'importe quel univers, n'importe quel réseau, monde, société, microcosme, ça fonctionne. Le pouvoir, ça peut simplement être celui des mots : une aisance relative à manier la langue, ça séduit, ça attire, ça fascine sans préjudice de la tronche que tu as : la séduction virtuelle ne marche...
Comme d'habitude en train de ruminer ma haine de l'humanité, je croise cette fille déguisée en bourgeoise à côté de la Samaritaine (où on trouve tout, y compris de grosse connasses, apparemment) et le trottoir fait bien dans les quatre mètres de large, on pourrait y garer une R5, et je suis en vélo et je longe le trottoir sur ma gauche, à vingt centimètres du bord, et cette fille est sur ma droite et sur sa face effarée elle est à trois mètres de moi, de tout choc potentiel je lis la pulsion de délation, ce besoin qu'ont les faibles de dénoncer, de quémander l'aide de la force publique (tu as beau te réclamer de gauche, tu hurles à la police, à l'infraction constatée), incapables qu'ils sont de se débrouiller seuls, et je fantasme à mon tour sur le second...
Mon corps est une chaîne apparemment sans fin de bleus, de micro-douleurs lancinantes : trois semaines durant, c'est une entorse au genou droit, diagnostiquée par mes soins bien sûr, car je suis enfant de docteurs, mes agneaux : c'est-à-dire que je crois connaître mieux que vous le vôtre mon corps et les messages qu'il m'envoie sans répit. Ce n'est qu'une forme d'hypocondrie, d'attention extrême à son corps. Mais passons... Après l'entorse au genou, qui elle-même avait succédé à un tennis elbow, c'est l'élongation d'un tendon quelconque de l'épaule gauche qui me mine ce soir. Me mine mollement : toute hypocondrie tendineuse est mollassonne. Rien de moins angoissant qu'un tendon, au fond. Quel est le vrai message que m'envoie ce putain de corps, avec ces douleurs...
Entendu hier soir, dans un pub de Limoges, près de la gare (très « rencontre du troisième type », cette gare, la nuit) : « La bière, c'est comme les femmes. » Mon oreille se tend bien sûr, je désire, et c'est impérieux, la conclusion de ce subtil aphorisme. Boum : « Faut bien la tripoter. » Légèrement déçu. Ce dimanche soir, dans la Haute-Vienne, les esprits forts ne l'étaient pas tant que ça...Je pars en Espagne (Alicante) quelques jours. Dans ce pays irrespectueux qui siffle la Marseillaise quand son équipe de fútbol affronte la française, et qui traite notre président de « grand malade ». J'ai très hâte ! Je sens que ça va saigner dans les bars à...
Tiens, ce type outrecuidant me pique in extenso mon texte sur Wicked Game, alors je me venge : et je lui pique son éloge funèbre de Carlos Dolto.Yvan-Chrysostome Dolto est mortJ'ai rien dit pour Noiret.J'ai rien dit pour Serrault.J'ai rien dit pour Chichin.Mais Carlos, quand même : merde. Rendons quand même hommage à cet incroyable talent de l'humour, fin et sincère à la fois, et malheureusement, souvent en contradiction avec son époque : Combien faut-il d'Arabes pour repeindre un mur en rouge ?.écnal neib tse li's lues nUChapeau bas l'artiste ! Je n'avais plus été aussi ému depuis Grégory, le poulpe aux ufs d'or de...
Pour ceux qui n'ont pas encore vu cet extrait : l'immense Patrick Balkany dans ses uvres. (Et les Yes Men, accessoirement...)Question : comment dit-on « potence », chez les bouseux de Levallois...
J'ai eu récemment deux problèmes après avoir écrit sur ce blog. Le premier, c'est qu'un ancien copain a cru que je souhaitais sa mort parce j'avais écrit « mort » au sens figuré dans un texte où il s'était reconnu. Le mail qu'il m'a envoyé ensuite était assez clair, et commençait par : « Enfoiré, »Je lui ai répondu, pour calmer le jeu, proprement soufflé qu'une pensée aussi vicieuse ait pu lui traverser l'esprit, même à lui.Le deuxième gros problème, il n'en reste aucune trace ici. C'était beaucoup plus violent, et sans doute plus absurde. Étrangement, ça s'est arrangé, alors que c'était vraiment très mal engagé.Qu'en conclure ?Le point commun entre les deux histoires est leur catalyseur. J'écris quelque chose qui est mal pris par quelqu'un. De plus, ce...
Le poste de radio m'a murmuré que Microsoft (pardon : M$) lançait une OPA hostile sur Yahoo (sans point d'exclamation car ça fait mal aux yeux, cette jubilation sans objet).Eh bien j'ai peut-être un mauvais fond, mais j'avoue que cette nouvelle me plaît car elle ouvre des perspectives intéressantes. C'est de la joke très privée, tellement que je ne me la fais qu'à moi-même, car elle est d'assez mauvais goût pour un de mes lecteurs occasionnels. Du coup, personne ne comprendra mon allusion. Je dis bien personne. Et c'est reposant.En revanche, je peux vous dire que la nouvelle me réjouit également parce qu'elle évoque le concept d'OPA hostile, qui m'a toujours fait rigoler. On disait inamicale, aussi, non ? L'OPA hostile, ça fait vraiment frémir le cochon d'auditeur ! Juste...
En effet, je n'ai pas envie de rigoler. Depuis deux jours j'ai des pulsions de torture psychologique. Ça ne prête pas à rire. Je cherche donc une raison de rigoler, dans les jours qui viennent. De ne pas succomber à la pulsion de torture : ni envers moi-même (trop facile), ni envers une tierce personne, car je le regretterais. Et pourtant, que ça soulage d'humilier des gros cons, des grosses connes ! D'insister sur les points faibles de l'adversaire, sadiquement, mû par une dévastatrice envie de revanche, de destruction. Mais pas assez longtemps. Je risque d'y prendre goût, et de tomber dans le piège tendu.Tout ceci aura disparu dans quelques jours. Disons entre trois et trois cents : je ne sais pas. Quelques jours, le temps du travail d'oubli, de... refoulement ?Ce qui...
Il n'a pas dit « tu me manques » depuis des années. Ne l'a pas pensé, depuis C., qui lui a manqué cruellement, mais c'était il y a si longtemps qu'il a oublié cette peur-là. Voilà maintenant que le temps a passé et voilà que se présente A. à qui il donne si peu, trop peu, qui lui en veut terriblement, et il constate qu'elle lui manque et que c'est limpide.Une boîte de Pandore a été ouverte et la haine qui y était contenue (haine de lui, d'eux deux, d'elle-même, il n'en sait rien... il le sait trop au fond) l'a fait chanceler : un coup violent, comme dans l'estomac. Le souffle coupé. Le souffle, en fait, envolé d'un coup, comme une crevaison de l'âme. L'absence commence son travail familier, mais oublié depuis tant d'années. « Ah, oui, c'était comme ça, je me...
Bon, vu qu'on risquait de s'enliser, j'ai souhaité détendre l'atmosphère, et ai donc tapé carla bruni nue dans Google, mais je n'ai trouvé que ça...
Alain Afflelou, dans Comment nettoyer ses lunettes pour éviter de tout lire de travers ?, ce court essai souvent lumineux qu'on vient de m'offrir fort à propos (m'arrachant des remerciements maladroits je l'avais déjà mais sincères car je sais ce qu'il vaut pour moi), écrit des tas de choses très intelligentes sur la spécificité de la myopie volontaire, sur les infections de la cornée, et parle encore d'Optic 2000 et de ses commentateurs, et de l'hygiène oculaire. Il reprend à quelques semaines de distance la phrase de Krys sur l'importance de la lavette microfibre dans l'entretien des verres de correction. Et je pense à elle, à la lavette microfibre, quand je lis 60 millions où on essaie d'amuser le lecteur en commentant un billet posté sur La Terre est plate, que...
Très drôle (davantage que le texte qui est la cause de tout ce bruit), mais deux points me chiffonnent dans le raisonnement (car dans ce parallèle osé se niche une tentative de raisonnement logique, non ?) :1/ Je n'essayais pas d'amuser le lecteur ;2/ Tu retombes, dans la fausse citation d'Afflelou, dans ce que je contestais à l'origine : l'utilisation partisane, militante, de l'humour. On comprend trop que tu ne supportes pas qu'on puisse remettre en cause le rôle des « avant-gardes », par exemple, assimilées avantageusement à des ophtalmologues (qu'on imagine rigoureux et détenteurs de la vérité scientifique)... C'est ce que je déplorais initialement : pas d'ironie, de détachement. Le taureau voit rouge et fonce.Et puis, un « droit » de réponse, à mon sens, est...
Kundera, dans L'Art du roman, ce court essai souvent lumineux qu'on vient de m'offrir fort à propos (m'arrachant cette forme typique et maladroite de remerciement maladroit, conséquence du je l'ai déjà, ou je l'ai déjà lu, en l'occurrence), écrit des tas de choses très intelligentes sur la spécificité du roman, des Temps modernes, et parle encore de Kafka, et de ses exégètes. Il reprend à quelques décennies de distance la phrase de Céline sur les idées. Et je pense à elles, aux idées, quand je lis La Terre est plate où on essaye d'amuser le lecteur en répondant à un de ces spams d'arnaque dont on nous bombarde régulièrement depuis bientôt dix ans : le filtre est féministe, sans ironie, sans l'ironie consubstantielle au roman. C'est normal : ce n'est pas un roman,...
Pour l'amour de l'accent circonflexe, ce remplaçant pointu du e muet, j'ai choisi l'adverbe incorrect. Le sens ordonnait « continuellement ». J'ai fauté. À ma décharge viendra le fait que j'ai écrit ce texte en état d'ébriété. Mais à ma charge ou à celle plutôt de mes intestins le fait que j'étais en état d'ébriété prononcée pour la septième fois en quatorze jours. Une pause s'impose. C'est mon corps, et particulièrement mes jambes tendues, aux frontières de la crampe, qui l'imposent.L'autre nuit, j'étais assis entre deux filles qui avaient chacune la moitié des caractères phénotypiques d'une troisième, ex-amante psychotique aux cheveux frisés et au corps de rêve : l'une n'en avait gardé que le visage, ingrat ; l'autre la manière de parler, légèrement...
Ça y est. On ne dira pas où. Mais déjà les cigarettes rougeoient, après une heure-seuil jugée décente par les gérants. Un bar à cocktails. Vers le parc du Luxembourg. Le cocktail : queue-queue (ici, traduction littérale, en mélangeant volontairement les registres de langue). Boisson pour femmes qui excite les hommes : car les femmes sucent ces drinks avec des pailles phalliques. Elles avalent le contenu de ces queues par des pailles-méats qui en laissent peu froids. Et, donc, dans des endroits où on refume après une certaine heure, car il est extrêmement pénible d'ouvrir et fermer continûment une porte de bar, quand on a autre chose à...